Le comportement des autres

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Les autres, j'ai envie de dire qu'ils font ce qu'ils peuvent. Et il ne faut donc pas leur en vouloir de ne pas vous comprendre, de ne pas vous dire ce que vous voudriez entendre, ni de ne pas faire ce que vous voulez.

Déjà, savez vous ce que vous voulez vraiment ? à part ne plus pleurer, ne plus souffrir, et comprendre " pourquoi ? ".

Très souvent, les autres ne saisissent pas clairement ce qui s'est passé, et expliquer toute votre vie à des amis, même très proches, ne vous fait pas du tout envie.
Votre famille a plutôt tendance à vous soutenir, quitte à accuser l'autre de tous les maux, ce qui ne vous aide pas vraiment (et encore moins les enfants, pensez à eux, à l'image qu'ils vont retenir de ce parent-là ).

Et ceux qui n'ont jamais vécu cela ne peuvent pas se mettre à votre place.

Très souvent, on vous affirme tranquillement :
<< Ce n'est pas facile à vivre, mais tu es jeune encore, tu vas refaire ta vie après, et ce sera bien mieux ensuite, crois-moi. >>

Entendre ce genre de phrase est généralement insoutenable.

Il y a à la fois des mots intolérables (le bonheur, le futur, refaire sa vie, etc...) et surtout le fait que personne ne comprenne ce que vous êtes en train de vivre, la souffrance qui vous a envahi.

En fait, ces mots vont vous révolter, vous faire mal, et vous enfoncer un peu plus bas très souvent.

Et pourtant, vous les entendrez, et même plusieurs fois. Alors pourquoi les dit-on ? Pourquoi les répète-t-on à chaque divorce ?

Je pense qu'il faut les entendre, entendre ces voix vous parler de futur même si vous n'y voyez plus rien devant vous, que vous ne voyez que vos larmes comme horizon.
Il est presque impossible d'y penser, mais il faut que cette idée s'installe au fond de vous, fasse sa place lentement, pour qu'un jour, quand le creux de la vague sera descendu trop bas, cette idée ressurgisse pour vous apporter un peu d'espoir.

Et à ce moment là, vous commencerez peut-être à trouver en vous la force de vous battre, pour ne pas vous laisser écraser par la souffrance et le poids du passé.
Et comme la lutte changera votre façon de vivre, vous allez peu à peu avancer, puis prendre confiance en vous, et un jour gagner la partie.

Et ce jour là, vous pourrez refaire effectivement votre vie comme on le dit, alors qu'il serait plus juste de dire continuer sa vie.

Et vos amis vous diront : << Tu vois, je te l'avais dit !! >> (et le pire, c'est qu'ils auront eu raison !!!).

Et c'est exactement ce que je viens de vous faire en l'écrivant ici, mais consciemment.

Finalement, les autres ne vont pas trop savoir quoi faire avec vous (excepté les amis qui auront déjà connu ce genre d'expérience, et à condition qu'ils s'en soient sortis correctement, au moment où vous faites appel à eux).
Alors, que peuvent-ils faire ? Que peut faire votre famille dans ces moments là ?

Eh bien ! ils sont là pour vous aider à tenir, vous aider à garder la tête un peu hors de l'eau, comme une bouée que l'on cherche, une perche tendue dans la piscine lorsqu'on commence à apprendre à nager.
Leur rôle est de vous ECOUTER, mais ne comptez pas trop sur leurs réponses, surtout si elles sont du genre "toutes faites" comme celle qui est ci-dessus.

Ne les laissez pas JUGER, accuser l'autre non plus, ce qu'il a fait ne regarde que vous, tout comme ce que vous avez fait vous-même.

Appuyez-vous sur eux, pour vous relever, pour vous changer les idées, mais ne comptez pas sur eux pour régler ce problème.

Ce problème est le vôtre, et c'est à vous, et à vous seul(e) de le traiter.

Mais ne refusez pas non plus l'aide, parfois discrète, qu'ils vous offrent. Ils ne peuvent pas tout faire, mais lorsqu'ils cherchent à vous aider, acceptez leur soutien, quitte à leur dire que vous préférez être aidé(e) d'une autre façon, et que ce sera mieux s'ils en tiennent compte.
En fait, ce genre d'épreuve permet de faire un tri très rapide dans les "amis" qui vous entourent.

Et très vite, vous verrez qu'il n'en restera qu'une petite poignée ce qui, entre nous, est bien assez pour vous aider.

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La séparationL'envie de s'autodétruire
Page écrite en Juillet 2001