Il y a parfois cette envie, ce désir de détruire l'autre, que ce soit la personne, ou ce qui fait sa vie désormais.
Sans aller jusqu'au meurtre, mais parfois l'idée vient, il faut arriver à éliminer cette envie-là.
En fait,
on en veut à l'autre, à celui ou celle qui est parti(e), à celui ou celle
qui l'a emmené(e) trop loin de soi, et on s'en veut de ne pas l'avoir gardé(e).
La rancune, ou la haine, remplace souvent l'amour. Et même si c'est utile
de ne plus aimer, haïr n'est pas la solution.
Ce n'est
qu'une phase de votre vie, une période où vous vous protégez contre ce vide
que laisse l'autre.
Et cette réaction de défense est normale, naturelle. Elle doit seulement n'être
que provisoire, car peu à peu vous allez avancer sur le chemin de votre reconstruction.
Si vous laissez venir cette idée en vous, s'y installer et y rester, vous allez en vouloir à l'autre d'avoir détruit tout ce qui faisait votre vie, en vouloir à celui ou celle qui a pris votre place, en vouloir à ceux qui ne vous comprennent pas, bref en vouloir à tout le monde, et surtout à ceux qui sont heureux.
C'est une réaction fréquente, et il est difficile de lutter si on ne comprend pas que la solution ne repose pas dans les autres, dans leurs comportements, mais au fond de soi-même.
En fait,
en vouloir aux autres, c'est décaler la solution de votre souffrance, de vos
problèmes sur une personne, cristalliser vos souffrances sur un être précis.
Et se dire que si je détruisais cette personne-là, ou si je lui rendais la
vie impossible, je supprimerais ma souffrance, je me vengerais.
Mais la vengeance, les conflits et la rancune n'ont jamais pu reconstruire un amour détruit.
Outre que
la vengeance n'engendre que la haine et la violence, et que ce n'est sûrement
pas ce que vous aurez fait de mieux pour vous-même que de déclencher
la haine autour de vous, elle ne vous sortira pas de votre problème.
Une fois vengé(e), mais l'est-on jamais assez ? que ferez-vous, puisque
vous en serez toujours au même point ?
Pour sortir
de cette crise, de cette situation douloureuse, il faut autre chose.
Il faut agir, lutter, pour reprendre goût à la vie, se redresser
et pouvoir enfin se sentir libre, et le coeur en paix.
Et cela, il n'y
a que vous qui pouvez le faire, agir sur vous-même (et en n'hésitant pas à
se faire aider, il y a bien assez de problèmes à régler soi-même alors pourquoi
ne pas laisser un peu de travail au psy ?), en modifiant votre façon de voir
la vie, au fond de vous.
Vos repères vont changer, lentement, en avançant sur le chemin de la compréhension
(de vous-même puis des autres), et un jour vous pourrez pardonner finalement
.
A ce moment-là, vous aurez gagné votre divorce, contre vous-même (car le seul adversaire que vous avez affronté sans arrêt, ce n'est personne d'autre que vous), et la vie reprendra des couleurs, et vous serez fier(e) d'avoir réussi à surpasser cette envie totalement inutile.
Je sais,
parler de pardon paraît inconcevable, cela semble une idée folle.
Mais pourtant, le divorce est comme une boucle dans le déroulement
de votre vie.
Vous savez que la vie est un cycle, que celui-ci se renouvelle à l'infini,
avec parfois d'autres formes.
Et pour pouvoir recommencer une vie normale après cette souffrance,
il faut terminer ce cycle, de la même façon qu'il est né.
Votre amour est né dans le bonheur, la tendresse, votre séparation
doit s'achever dans la compréhension, le pardon, et même si vous
le pouvez dans l'amitié (car il reste très souvent une tendresse
très particulière entre les deux conjoints, surtout lorsque
des enfants sont nés de cet amour-là). Même
si ce que je vous dis vous semble pour le moment irréalisable, certains
penseront même un doux délire !!, gardez cette idée au
creux de vous.
Vous avez du temps devant vous, du temps pour réagir, pour comprendre,
et du temps pour que cette idée se développe.